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L’Observatoire de Besançon : un patrimoine scientifique et architectural, témoin de 140 ans d’histoire

par Edith Burgey - publié le , mis à jour le

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Fondé en 1878 à l’initiative de la ville de Besançon et du ministère de l’Instruction Publique, l’Observatoire de Besançon a été inauguré en 1884 avec une mission précise : définir l’heure exacte à partir du passage des étoiles et certifier la production horlogère locale. Né des besoins de l’industrie horlogère, qui exigeait une mesure du temps d’une précision absolue, l’Observatoire s’est organisé autour de trois domaines clés : l’astronomie, la chronométrie et la météorologie.

L’Observatoire de Besançon : une architecture au service de la science
Sur le plan architectural, l’Observatoire de Besançon se distingue par une conception rigoureusement orientée selon les points cardinaux — strictement nord-sud et est-ouest — et par une organisation unique de ses bâtiments, spécialement pensée pour l’astronomie. Les pavillons, isolés les uns des autres, sont conçus pour abriter des instruments scientifiques de précision.
Répartis sur un domaine arboré, ils abritent notamment :

  • Un pavillon à toit ouvrant pour le grand cercle méridien,
  • Le pavillon de la lunette équatoriale coudée,
  • Le pavillon des horloges à diapason,
  • La maison des tables vibrantes,
  • Une coupole abritant l’astrographe,
  • La bibliothèque,
  • un villa pour le directeur et un bâtiment d’habitation pour les aides.

L’Observatoire abrite également une collection exceptionnelle d’instruments scientifiques, allant de pièces historiques scientifiques uniques, telles que :

  • La grande lunette méridienne Gautier (1885),
  • L’astrolabe impersonnel Danjon (1958),
  • Le chronomètre de marine Leroy (1867), récupéré après un naufrage,
    … à des horloges atomiques modernes.

L’instrument méridien

Le toit mobile du bâtiment méridien
Crédits photographiques : Philippe Rousselot - OSU THETA

L’instrument méridien, autour duquel s’articule l’Observatoire au XIXᵉ siècle, est une lunette astronomique conçue pour observer uniquement dans le plan méridien (axe nord-sud). Il permet de déterminer l’heure exacte en observant le passage des étoiles. Installé dans un bâtiment à architecture spécifique (toit mobile et orientation astronomique précise), il combine :

  • Une lunette pour observer les astres,
  • Un cercle gradué pour mesurer leur hauteur,
  • Une horloge de précision pour enregistrer l’instant exact du passage.
    Le cercle méridien
    Crédits photographiques : Philippe Rousselot - OSU THETA

Construite par Gauthier, installé en 1885 elle est utilisé dès 1886 pour observer les étoiles de référence et le Soleil, il sert ensuite à l’élaboration de catalogues stellaires jusqu’aux années 1980.

L’altazimut

La lunette altazimutale
Crédits photographiques : fonds photographique de l’observatoire de Besançon

L’altazimut, instrument rare fabriqué en 1889 par Paul Gautier, mesure la hauteur et l’azimut des astres. Associé à une horloge, il permet de déterminer l’heure même par mauvais temps. Exposé à l’Exposition universelle de Paris, il est aujourd’hui conservé au Musée du Temps.

L’astrographe triple Secrétan : un outil polyvalent

L’astrographe triple Secrétan
Crédits photographiques : Mongreville, Jérôme - © Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine, ADAGP

L’astrographe, installé en 1950, est composé de trois lunettes (une visuelle et deux photographiques). Abrité sous une coupole en aluminium, il a été utilisé de 1953 à 1974 pour étudier les satellites artificiels, les petites planètes, les comètes et la Lune, ainsi que pour observer les occultations lunaires. Aujourd’hui, il sert à la formation des étudiants.

Le cadran analemmatique : un patrimoine unique

Le cadran solaire analemmatique après sa restauration
Crédits photographiques : Mongreville, Jérôme - © Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine, ADAGP

Conçu et réalisé en 1902 sous la direction de Louis-Jules Gruey, alors directeur de l’Observatoire, ce cadran solaire analemmatique de forme elliptique figure parmi les plus anciens au monde. Son originalité tient à sa graduation, basée sur l’angle horaire du Soleil, où l’heure zéro correspond à midi — une particularité très appréciée des astronomes.

La lunette équatoriale coudée : une innovation pour l’observation

Le bâtiment et la lunette équatoriale coudée
Crédits photographiques : fonds photographique de l’observatoire de Besançon

Fabriquée par Paul Gautier et installée en 1888, cette lunette permet des observations extra-méridiennes sans mouvement complexe. Utilisée de 1890 à 1967, elle a servi à étudier les comètes (dont celle de Halley en 1910), les étoiles doubles et les occultations stellaires.
La partie avant du bâtiment a été démolie en 1967.
Le site accueille aujourd’hui le siège de l’Association Astronomique de Franche-Comté


➡️ Le site "Patrimoine en Bourgogne-Franche-Comté", proposé par la Région, offre une ressource complète sur l’Observatoire de Besançon. Vous y trouverez toutes les informations utiles, notamment à travers une fiche détaillée disponible à cette adresse :
🔗 https://patrimoine.bourgognefranchecomte.fr/dossiers-inventaire/observatoire-ia25000379

➡️Pour une immersion visuelle, le site propose également une série de vidéos et une visite virtuelle de l’Observatoire :
🎥 https://patrimoine.bourgognefranchecomte.fr/visites-virtuelles/lobservatoire-de-besancon


➡️Un ouvrage de référence sur le patrimoine de l’observatoire, publié initialement en 2009, a été mis à jour en 2025. :

« L’observatoire de Besançon. Les étoiles au service du temps. », dans la collection Parcours du patrimoine, aux éditions Lieux dits